L'histoire d'Emmaüs

Abbé Pierre sur un bâteau
L’abbé Pierre sur le bateau « Île-deFrance » en partance pour les USA, avril 1955 ©Emmaüs international, légataire universel de l'abbé Pierre

Emmaüs, un nouveau départ

Où trouver un endroit pour rebondir ? A Emmaüs. Emmaüs n’est pas seulement un endroit pour donner, pour chiner… mais aussi un lieu pour certains de trouver un endroit réconfortant, mais aussi un travail, une activité. Une maison où l’on peut s’intégrer tout en apprenant à conduire, à réparer, à recoudre, à raccommoder, à refaire fonctionner.

Mais d'où vient cette institution ?

L’abbé Pierre (que tout le monde connaît) a lancé un appel en 1954 lors d’un hiver particulièrement froid et mortel pour des centaines de personnes dans la rue. Les gens, touchés par ses paroles, ont donné autant, qu’il fallait un centre pour trier, pour stocker. C’est dans la maison de l’abbé Pierre qu’il a généreusement mise à disposition, que les bénévoles ont commencé à aider. C’est ainsi qu’est né Emmaüs. Emmaüs grandit un peu partout en France, mais pas seulement. Maintenant Emmaüs a 350 associations dans 37 pays.

L’insertion par le travail

Emmaüs propose des structures pour l’insertion des personnes au monde du travail. Les contrats sont à durée déterminée sous contrat aidé. Valoriser les compétences des uns et des autres reste un challenge primordial. Le but étant bien évidemment d’aider à un travail plus stable.

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Un peu d’histoire

L’abbé Pierre a créé dans sa maison à Neuilly Plaisance une auberge de jeunesse (1947) qui est devenue au fur et à mesure un centre d’aide pour les plus pauvres. Résistant actif lors de la seconde guerre mondiale, l'abbé Pierre est recherché par la Gestapo. C'est alors qu'il rencontre Lucie Coutaz qui le cache sous une fausse identité. Elle deviendra par la suite sa secrétaire et co-fondatrice d'Emmaüs. Elle dirigera le mouvement Emmaüs, en consacrant toute sa vie.
Un jour il fait connaissance de Georges, un ancien bagnard qui voulait se suicider, et l’abbé lui a suggéré au lieu de mourir de l’aider : « Je ne peux rien te donner. Mais, toi qui n’as rien, au lieu de mourir, viens m’aider à aider ». C’est devenu son premier « compagnon » (1949). L’argent commence à manquer. Ce sera le début de la récupération et la vente de divers objets. Les compagnons de l'époque ont été choqués de voir l'abbé mendier dans les rues ils lui ont alors proposé de "biffer", de récupérer des objets dans les poubelles.
Fin 1954 un hiver glacial s’installe en France. L’abbé Pierre s’adresse aux Français sur Radio Luxembourg : « Mes amis, au secours ! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée ». S’ensuit "l'insurrection de la bonté". Les dons affluent que ce soit en nature ou en argent. Grâce à cela, Emmaüs a pu acquérir un immeuble au 32 rue Bourbonnais à Paris qui est actuellement toujours un espace de solidarité et d'insertion pour tout public en grande précarité, sans domicile. Après de moult méandres de l’administration, l’association Emmaüs paraît définitivement au Journal Officiel du 17 mars 1954.

Abbé Pierre et Lucie Coutaz
L’abbé Pierre et Lucie Coutaz, 1959. Photographe : Roger Dick ©Emmaüs international, légataire universel de l'abbé Pierre